Dyson est né le 18 Novembre 1982 à Paris dans une famille cultivée et ouverte à toutes formes d'expressions artistiques. Très tôt, sa mère, particulièrement lettrée, veut lui développer une sensibilité esthétique et l'inscrit, dès l'âge de 7 ans, contre son gré, à l'école d'art Claude Monet d'Aulnay sous Bois. Cette école pluridisciplinaire propose la découverte et le perfectionnement dans un large éventail d'ateliers d'arts appliqués. Mais, le jeune Dyson s'attache peu à peu à la pratique de la céramique. Même si dans un premier temps, il lui semble que cette pratique n'est pas faite pour lui car elle est perçue comme féminine. Enfin, il va se laisser habiter par celle ci jusqu'à ses 21 ans dans ce même atelier. Ses professeurs, Francis Geoffreoy et Bettina Beylerian, lui inculquent les diverses techniques de la céramique : du tour au modelage en passant par l'émail, sur différentes sortes de terre, en travaillant toutes sortes d'objets. Mais Dyson décide vite de ne travailler que par modelage car sa facture y est plus instinctive. C'est de cette manière qu'il traite les thèmes que l'école propose pour ses expositions de fin d'année, à 12 ans il montre une coccinelle pour un thème insecte ou à 20 ans il façonne une tête de Freud qui sera destinée à son oncle psychologue pour enfant.
Mais, à 21 ans Dyson doit déménager à Bordeaux pour des études de droit qui ne l'inspire guère. Il se tourne d'ailleurs vite vers le commerce dans lequel il entame une carrière prometteuse. Par contre, son travail lui laisse peu de temps pour pratiquer sa passion de la terre. C'est alors qu'en 2009, il décide sans regret de se consacrer exclusivement à son art et quitte sa vie tranquille de commercial. Il cherche rapidement un atelier à intégrer sur Bordeaux mais n'en trouve aucun qui lui convienne ou du moins qui pourrait recevoir ce qu'il envisage de son travail. Il préfère alors travailler chez lui. Tout d'abord, après cette perte de repères artistiques que fut ces quelques dernières années, il entame une redécouverte identitaire. Au niveau de la forme, il la dirige sur la tête, forme qu'il appréciait de réaliser avant d'arrêter sa pratique. Il se focalise alors sur les expressions du visage qui seront en sorte un fil conducteur pour cette renaissance. Mais, cette renaissance passe avant tout par une étape purificatrice, étape obligatoire mais qui devient obsessionnelle pour lui. Assez rapidement s'installe la violence, le chaos, la destruction dans son oeuvre. Dyson sculpte ici ses peurs, des fantasmes qui sommeillent en lui depuis son adolescence. Il leur donne formes de manière à les exhorter, les momifier, les maîtriser. Cet orage lui permet néanmoins de tester sa maîtrise technique. Et même si la réception de ce travail en cours reste positive, Dyson ressent un vide de présentation dans ses oeuvres. Ce n'est qu'en Juin 2010 qu'il commence à intégrer le métal, d'abord en support puis comme partie de l'oeuvre. Ce travail du métal, il l'étudie chez Jean François Buisson qui lui ouvre son atelier grâce à l'association Art-Mada, qui suit Dyson depuis début 2010. Grâce à J.F. Buisson, il réussit alors à formuler son idée du métal mais rencontre aussi le personnage de l'artiste, dans son individualisme et aussi dans son milieu, avec d'autres artistes faisant partie de l'association Les Vivre de l'art.
Enfin, cette formulation du chaos, cette vision presque pathologique du mal, est pour Dyson le moyen de faire table rase du passé. Il lui a aussi permis d'expérimenter des formes très expressives en travaillant de nouveaux matériaux, souvent inattendus, pour accentuer son propos. Expérimentations qui sont évidemment enrichissantes et prometteuses pour l'œuvre à venir. Alors, après cette tempête, on attend les premiers rayons d'un soleil serein qui ne devraient pas tarder à venir éclaircir nos esprits encore dans l'ombre.