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Dyson Art Work
Dyson, de profil, façonne à la main une grande tête de cheval en argile dans son atelier ; derrière lui, des étagères de têtes sculptées.

Sculpteur · Biscarrosse

Dyson

Sculpteur. Formé à la céramique dès l’âge de 7 ans, Dyson modèle des têtes, les brise et les reconstruit. Depuis 2015, il peuple L’Arche d’animaux-cyborgs fissurés.

Biographie

Dyson est né le 18 Novembre 1982 à Paris dans une famille cultivée et ouverte à toutes formes d'expressions artistiques. Très tôt, sa mère, particulièrement lettrée, veut lui développer une sensibilité esthétique et l'inscrit, dès l'âge de 7 ans, contre son gré, à l'école d'art Claude Monet d'Aulnay sous Bois. Cette école pluridisciplinaire propose la découverte et le perfectionnement dans un large éventail d'ateliers d'arts appliqués. Mais, le jeune Dyson s'attache peu à peu à la pratique de la céramique. Même si dans un premier temps, il lui semble que cette pratique n'est pas faite pour lui car elle est perçue comme féminine. Enfin, il va se laisser habiter par celle ci jusqu'à ses 21 ans dans ce même atelier. Ses professeurs, Francis Geoffreoy et Bettina Beylerian, lui inculquent les diverses techniques de la céramique : du tour au modelage en passant par l'émail, sur différentes sortes de terre, en travaillant toutes sortes d'objets. Mais Dyson décide vite de ne travailler que par modelage car sa facture y est plus instinctive. C'est de cette manière qu'il traite les thèmes que l'école propose pour ses expositions de fin d'année, à 12 ans il montre une coccinelle pour un thème insecte ou à 20 ans il façonne une tête de Freud qui sera destinée à son oncle psychologue pour enfant.

Mais, à 21 ans Dyson doit déménager à Bordeaux pour des études de droit qui ne l'inspire guère. Il se tourne d'ailleurs vite vers le commerce dans lequel il entame une carrière prometteuse. Par contre, son travail lui laisse peu de temps pour pratiquer sa passion de la terre. C'est alors qu'en 2009, il décide sans regret de se consacrer exclusivement à son art et quitte sa vie tranquille de commercial. Il cherche rapidement un atelier à intégrer sur Bordeaux mais n'en trouve aucun qui lui convienne ou du moins qui pourrait recevoir ce qu'il envisage de son travail. Il préfère alors travailler chez lui. Tout d'abord, après cette perte de repères artistiques que fut ces quelques dernières années, il entame une redécouverte identitaire. Au niveau de la forme, il la dirige sur la tête, forme qu'il appréciait de réaliser avant d'arrêter sa pratique. Il se focalise alors sur les expressions du visage qui seront en sorte un fil conducteur pour cette renaissance. Mais, cette renaissance passe avant tout par une étape purificatrice, étape obligatoire mais qui devient obsessionnelle pour lui. Assez rapidement s'installe la violence, le chaos, la destruction dans son oeuvre. Dyson sculpte ici ses peurs, des fantasmes qui sommeillent en lui depuis son adolescence. Il leur donne formes de manière à les exhorter, les momifier, les maîtriser. Cet orage lui permet néanmoins de tester sa maîtrise technique. Et même si la réception de ce travail en cours reste positive, Dyson ressent un vide de présentation dans ses oeuvres. Ce n'est qu'en Juin 2010 qu'il commence à intégrer le métal, d'abord en support puis comme partie de l'oeuvre. Ce travail du métal, il l'étudie chez Jean François Buisson qui lui ouvre son atelier grâce à l'association Art-Mada, qui suit Dyson depuis début 2010. Grâce à J.F. Buisson, il réussit alors à formuler son idée du métal mais rencontre aussi le personnage de l'artiste, dans son individualisme et aussi dans son milieu, avec d'autres artistes faisant partie de l'association Les Vivre de l'art.

Enfin, cette formulation du chaos, cette vision presque pathologique du mal, est pour Dyson le moyen de faire table rase du passé. Il lui a aussi permis d'expérimenter des formes très expressives en travaillant de nouveaux matériaux, souvent inattendus, pour accentuer son propos. Expérimentations qui sont évidemment enrichissantes et prometteuses pour l'œuvre à venir. Alors, après cette tempête, on attend les premiers rayons d'un soleil serein qui ne devraient pas tarder à venir éclaircir nos esprits encore dans l'ombre.

Dyson, assis à même le sol de son atelier, examine un éclat blanc entre ses mains ; le sol est couvert de fragments, un relief lunaire occupe le fond.
Créer, détruire, reconstruire — l’atelier, un jour ordinaire.

01

Pourquoi la sculpture ?

Issu d’une famille où la culture tient une place importante, j’ai été inscrit contre mon gré à l’âge de 7 ans dans un atelier de céramique, à l’école d’art Claude Monet d’Aulnay Sous Bois.
Les a priori que je pouvais avoir vis à vis de cette pratique se sont envolés dès les premiers instants où mes doigts sont entrés en contact avec la matière.
J’y resterai jusqu’à mes 21 ans où me seront inculquées par divers professeurs les techniques de sculpture. Plutôt instinctif dans ma démarche de sculpture figurative, je décide alors de ne travailler que par modelage.

A 20 ans, je sculpte ma première tête en argile, celle de Freud.
Depuis cette pratique est devenue une passion vitale qui me nourrit autant qu’elle me détruit.

02

Pourquoi créer ?

Il n’existe pas de vérité absolue, tout n’est que question de point de vue, à travers la terre, berceau et tombeau de l’humanité, j’essaie d’explorer la complexité de la nature humaine et de la vie de manière générale.
Créer me permet de m’exprimer sans que l’on puisse me couper la parole. Je prends possession de l’espace, je contrôle les éléments, je me lie avec la matière.
Mon monde, mes règles. Je suis le seul maître à bord, sans aucunes concessions avec mes congénères.

En créant c’est moi même que j’apprends à mieux connaître et comprendre. L’art est un moyen pour moi de répondre à des questions existentielles : qui suis-je, quelle est ma place, quel est mon rôle ?

Savoir que par mes sculptures c’est une partie de moi qui continuera d’exister me fait accepter plus sereinement le fait qu’un jour je vais mourir.

03

Pourquoi des têtes ?

L’humanité m’intrigue autant que je la méprise.
De par sa complexité culturelle et sa richesse historique l’humanité représente, pour moi, une source intarissable d’inspiration.
Je suis sans cesse émerveillé par l’incroyable efficacité avec laquelle l’Homme est capable de tout détruire, j’essaie à mon niveau d’en être un digne représentant.
Je suis un destructeur.
Je détruis pour reconstruire à ma manière.

Je choisis de créer des têtes car tout peut se résumer dans un visage.
C’est la tour de contrôle, c’est là que sont traitées les informations, que sont prises les décisions et sont créées les émotions. La partie la plus expressive et intéressante de l’homme.
Regarder une tête aide à comprendre ce qu’il y a dans la sienne. Elles aident à faire réfléchir, montrer un angle de vue différent, à détruire les frontières que seul notre esprit a créé.

Chronographie

Six périodes. La sculpture s’arrête, reprend, bascule.

  1. 1988–2004Bac à sable
  2. 2004–2009Pause
  3. 2009–2011Les Préliminaires27
  4. 2011–2014Silence
  5. 2014–2018Le Passé Composé
  6. 2015–Aujourd’huiL’Arche28

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