I · Destruction
L’Arche de Dyson
Dans un futur où l’Homme a détruit l’essentiel du monde vivant, j’imagine une arche peuplée d’animaux cyborgs.
Ces créatures ont été conçues pour réguler la planète. Pour permettre à la nature de reprendre sa place, elles doivent contrôler la principale cause de sa destruction : l’humanité. Leur mission est donc de réduire la présence humaine, quitte à en détruire une partie.
Cette arche n’est pas destinée à sauver l’Homme.
Elle est destinée à sauver le vivant de l’Homme.
Chaque sculpture est un fragment de cette histoire. Je modèle l’animal et la machine en même temps. Une fois l’œuvre terminée et sèche, je la casse volontairement avant de la faire cuire. La cuisson la détruit parfois davantage, jusqu’à la faire exploser.
Je récupère ensuite les débris et je reconstruis la sculpture sans chercher à effacer ce qu’elle a traversé. Je conserve les fissures, les trous et les parties manquantes. La peinture révèle enfin la machine déjà présente dans le modelage.
Depuis tout petit, j’ai souvent cassé les objets auxquels je tenais, par maladresse, mais aussi par colère, frustration ou tristesse. Une fois cassés, ils étaient perdus.
Avec mes sculptures, rien n’est définitif. Je peux les créer, les détruire, récupérer leurs morceaux et décider de leur redonner vie. Je garde ainsi un contrôle total sur ma création, jusque dans sa destruction.
Créer. Détruire. Reconstruire. Devenir immortel.
C’est ma manière de réparer une partie de mon enfance, de lutter contre la mort et de laisser quelque chose qui vivra après moi.




























